jueves, 26 de junio de 2008

J´ai mal...

Et voila, je sens la rechute me guetter. Je suis toute angoissee, et je cherche febrilement ma camera pour visionner les videos de ma Kaia. Des larmes mouillent mes joues, je suis au bureau et je m'en fous. Tout ce que j'aimerais, c'est la prendre dans mes bras. Tout ce que je veux, c'est lui chanter des chansons. Me voila bien belle, j'ecris un mail a tout le monde pour dire bonjour a la vie, et me voila toute renversee a pleurer ma Kaia... deux jours apres. Je n'arrive toujours pas a me reveiller de ce cauchemar, j'aimerais tellement m'en reveiller. J'aimerais tellement revoir son petit lit pres du mien, et l'entendre pousser ses petits cris reclamant ses 15 gouttes de lait. Elle me manque terriblement, mon Dieu. Ca fait si mal que parfois j'en ai honte. Je ne sais pas comment partager tout ca avec quiconque, meme pas avec mon mari. Encore moins... s'il me voyait toute triste, ca suffirait a le paniquer. J'ai mal Seigneur, j'ai mal. J'ai trop perdu... Je veux ma fille... je veux mon bebe... Pourquoi me l'avez vous reprise apres me l'avoir donnee avec tant de reticences. Qu'ai-je fait ou que n'ai-je pas fait pour meriter cette punition. Je suis hantee par ce que doit etre devenu son petit corps... Pardonnez moi ma faiblesse. Mais parfois je n'en peux plus de sourire, et de pleurer en silence. Je pensais qu'il me serait facile de continuer, mais la verite c'est que je ne suis meme pas sure de le vouloir... j'en ai honte, mais j'ai trop mal.

Blues...

La semaine derniere, j'ai ete proche de m'ecrouler de fatigue et de desespoir. Je voulais juste disparaitre dans le neant et je ne cessais de questionner le but de ma vie. Je me sentais fatiguee moralement et physiquement. Toutes les emotions fortes de ma vie, et particulierement de ces trois dernieres annees semblaient me hanter, et je pouvais difficilement penser a autres choses. Je faisais des cauchemars la nuit, comme en plein jour. Meme quand je ne dormais pas. En conduisant, je visionnais constemment des accidents. En regardant les enfants jouer, je les voyais tomber, se blesser et je paniquais interieurement. Je ne cessais de revivre la mort de Kaia (ma fille, pour ceux qui n'etait pas au courant), et souvent j'etais confuse a savoir si la mort de mon pere etait reelle ou pas. Je me voyais, moi-meme, mourrir encore et encore... Bref, tout me semblait noir. Je respirais le drame plein les narines... Je le voyais venir de partout. C'etait affreux, je ne vous donne pas plus de details, sinon vous ne reviendriiez plus me lire. Maintenant que ca va mieux, je peux vous le dire... il n'y a plus rien de pareil, ni de tout a fait normal lorsqu'on a vecu la perte d'un enfant. La peur vous habitera incessament. Mon mari a achete une moto a notre fils de 6 ans, et je panique carrement rien qu'a voir l'engin dans notre garage. Je me verse en conseils, en prevention, en rappel, mais je ne veux pas non plus gacher son enfance et sa vie avec mes propres angoisses. J'ai peur de le perdre, mais lui n'a pas peur de vivre, et je n'ai pas le droit de lui enlever toutes ses petites joies, ses petits plaisirs. Je ne peux que faire de mon mieux pour le prevenir, le proteger autant que possible de l'insouciance de son age face aux dangers qui l'entourent. Ce n'est vraiment pas evident tout ca...

Pleurer autant qu´il me plait...

J'ai dit reBonjour a la vie, parce qu'il faut bien que je continue a vivre pour le reste de ma famille. Mais je n'oublierai jamais et je ne cesserai jamais de pleurer ma petite Kaia. Sa mort a laisse un grand vide en moi. Sa mort m'a force a remettre ma vie en question, et je ne suis pas sure de trop aimer certains de ces aspects. Elle me manque tellement, c'est fou. Je la revois sans cesse, je me souviens de son odeur, de ses yeux, de ses petits cris. Elle me manque tant.Oui, je veux bien continuer a vivre. Mais je veux avoir le droit de la pleurer quand il me plait, sans me cacher. Je ne veux plus avoir a feindre que tout va bien, que j'ai surmonte le pire. Je ne veux plus de ces "Oh, je savais bien que tu remonterais la pente" Car vous savez quoi, on ne remonte plus la pente apres avoir perdu un enfant. On fait de son mieux pour ne pas glisser jusqu'au fond tout simplement, et on cherche a s'accrocher a ceux qu'il nous reste. On n'oublie pas, on n'oublie jamais. Chaque jour, chaque matin, je revis la decouverte de sa mort comme si c'etait ce matin encore. Parfois j'ai l'impression de devenir elle, et de dupliquer inconsciemment des mouvements qu'elle faisait elle. Parfois j'ai l'impression de devenir elle, et je veux tout simplement m'endormir egalement.Je lutte, je lutte fort pour m'en sortir. Je blogue, j'ecris, je peins... j'essaie de m'exprimer au maximum pour que tout ca ne reste pas a empoisonner mon ame. Mon coeur est gravement atteint, mais mon ame, je peux encore la sauver. Mais je ne parle pas. Je ne peux pas parler. Je ne peux pas verbaliser haut et fort ma douleur. Elle est trop entiere, trop profonde, trop recente. Et le pire, je ne veux pas gener les autres avec mes etats d'ame. Alors aux "comment vas-tu", c'est invariablement "ca va". Aux "je savais bien que tu t'en sortirais", c'est souvent "Bien sur, la vie continue". Mais ca fait mal, ca fait mal d'avoir a cacher ma peine pour que les autres se sentent mieux vis a vis de ma perte. Je ne peux pas supporter leur pitie, leur coups de coudes, leurs murmures, alors je joue la comedie. "Elle est vraiment forte cette fille, elle a rapidement repris le dessus!" ou les plus mechants diront "Quelle desinvolture!"Oui, je l'ai eu ce reproche. Une fille m'a reproche ma desinvolture lorsque je lui ai annonce que ma fille etait morte. "Que voulait-elle que je fasse? Que je me mette a hurler, a m'arracher les cheveux" C'est un fait qu'elle est morte, rien n'y changera. Cela me fend le coeur de le dire, mais c'est un fait qu'il faut que j'accepte et apprendre a vivre avec.Kaia me manque, et aujourd'hui j'ai passe la journee a contempler ses photos. Et a chaque nouvelle fois que je les regarde, je constate combien elle etait vivante. A moins d'un kilo, elle etait si expressive que j'en restais baba d'admiration a la regarder. Oh, mon Dieu, pourquoi? Je veux bien accepter, mais je ne comprendrai jamais pourquoi. Imaginer son petit corps dans un cercueil est trop pour moi... Je ne suis encore jamais retourner au cimetiere. J'en ai envie pourtant, mais j'ai peur. J'ai peur de retomber dans l'obscurite de mon deuil. J'ai peur de ne plus avoir la force de lutter. Mais aussi, j'aimerais tant aller lui apporter des fleurs... mais ce n'est plus elle de toute facon. Ca me romp le coeur de penser a ce qu'est devenu son minuscule corps a ce jour... C'est dur...Je ne pense meme pas que j'inviterai des gens a lire ce blog. Je le fais pour moi, pour liberer mes pensees, et panser mes blessures. Je ne suis pas sure que mon entourage immediat apprecierait ce genre de lecture qui aurait le desaventage de les gener la prochaine fois que leur regard rencontrerait le mien. Lol... J'en ris, mais c'est triste. Mais c'est la loi de l'auto defense, je suppose. Fuir ce qui gene, fuir ce qui embarasse.Je t'aime ma Kaia. Maman t'aime et ne cessera jamais de penser a toi.